La Foire Agile des Questions


Questions Fréquentes


APPRENTISSAGE

Entre sa naissance et l’âge de trois ans, l’enfant acquiert une quantité exceptionnelle de savoirs et de compétences. Ainsi, il apprend à marcher, à manger, à échanger et partager avec les autres… D’ores et déjà, il s’insère dans le monde social et se dote des instruments qui lui permettront de vivre en société, et ce sans avoir besoin ni de programme, ni de professeur, ni d’évaluation !

Au sein des écoles démocratiques, le postulat est qu’il n’y a pas de raison fondamentale que le processus d’apprentissage change de forme à partir de l’âge de 3 ans. Un enfant qui apprend à maîtriser la syntaxe et la conjugaison tout seul est tout à fait capable d’apprendre à lire, écrire, compter mais également à faire des mathématiques, du théâtre ou du jardinage lorsque sa curiosité naturelle l’y amène.

La communication orale et écrite ainsi que les connaissances mathématiques de base sont tellement essentielles dans notre environnement actuel, que chaque membre ira vers la lecture, l’écriture et la numération le moment venu.

Alors, il apprend en quelques semaines à lire, écrire et compter, suivant son besoin avec ou sans l’aide d’un autre enfant ou d’un facilitateur d’apprentissage .

Bien que l’école soit libérée des programmes, nous nous conformons volontiers aux attentes de l’Éducation Nationale en matière de suivi de l’acquisition des compétences et connaissances du socle commun.

Le suivi de l’acquisition du socle commun de compétences, connaissances et culture

est réalisé par l’équipe pédagogique principalement à travers l’observation et l’échange permanent et l’autoévaluation avec chacun des élèves de manière régulière. De cette manière, les encadrants garantissent un suivi personnalisé respectant le rythme et les spécificités de chaque élève, en conformité avec la logique de décloisonnement des matières scolaires.

Le principal outil de suivi permet de mettre en correspondance les activités avec les compétences du socle commun.

Pour chaque élève, il est procédé régulièrement à un bilan complet ayant pour but de déterminer le niveau de maîtrise des aptitudes requises, ainsi que l’évolution sur le long terme. Ce document permet ainsi de suivre la progression de l’élève dans ses apprentissages et de connaître sa progression dans la maîtrise du Socle Commun de Connaissances, de Compétences et de Culture. Il permet d’être plus attentif aux besoins de l’élève et ainsi mieux y répondre.

Par ailleurs, l’équipe pédagogique s’est dotée d’autres outils de suivi de l’acquisition du socle commun:

• Des “fiches activités”, établissant un lien entre les activités réalisées quotidiennement par les élèves et les compétences mobilisées.

• Un document établissant, pour chacun des 5 domaines de compétences du socle commun, une liste indicative et non-exhaustive des activités permettant d’en développer la maîtrise et l’acquisition.

Au cours de sa scolarité Agile, notamment suite à plusieurs années d’étude dans l’enseignement public, un élève pourra se trouver désorienté, un peu perdu dans l’école, sans trop savoir quoi faire.

Cette période de transition est tout à fait légitime et a été souvent observée dans les écoles démocratiques ouvertes depuis un certain nombre d’années, spécialement chez les adolescents issus du collège/lycée public. Nous croyons qu’elle est bénéfique pour l’élève.

Il peut s’avérer très difficile de passer d’un environnement dans lequel chaque journée voire chaque heure est organisée par un tiers, à un lieu dans lequel on devient l’acteur autonome de ses choix. L’enfant aura besoin de se reconnecter avec lui-même et ce processus pourra prendre la forme de moments plus ou moins longs où il ne souhaitera rien faire du tout.

Ce type de comportement est donc assez habituel et nous souhaitons que les familles en aient conscience afin d’accepter et accompagner si besoin cette période de transition.

Par ailleurs, il est important de reconsidérer l’ennui à sa juste valeur. Dans un monde qui encourage puissamment les individus à trouver normal le fait d’être surchargé, au point de ne plus se poser la question du sens de leurs activités, il nous semble vital au contraire de réapprendre à prendre le temps.

Les sources de stimulation sont nombreuses dans l’école et a fortiori dans le monde.

Dès son ouverture, l’école sera organisée de façon Agile en salles thématiques et ateliers permettant de diversifier le contenu des activités possibles pour les élèves (art, sciences, littérature, informatique, cuisine, musique, …) en anglais ou non.

L’apprentissage se fera à travers les interactions avec les autres élèves de tout âge et les adultes de l’équipe. Chacun possède des connaissances et compétences variées et pourront transmettre leurs expériences de manière formelle ou informelle aux élèves de l’école. Libre à eux ensuite d’approfondir les activités qui satisferont leur curiosité naturelle, seuls ou en coopération.

Par ailleurs, nous prévoyons d’inviter des intervenants à partager leurs passions, leurs talents et d’organiser des sorties pédagogiques pour les enfants qui le souhaitent. Ces activités ne seront pas obligatoires et seront décidées en concertation avec les membres de l’école. Nous avons pu rencontrer à travers nos expériences dans des écoles démocratiques en activité des bénévoles ravis de transmettre leurs connaissances en astronomie, histoire, musique, couture, littérature etc.

Enfin, les ressources numériques (ordinateurs, etc.) seront également un moyen d’accès à des apprentissages aussi variés que nombreux. Tout le monde peut tout explorer et tout apprendre. En particulier, il existe de plus en plus de plateformes d’apprentissage autonome d’excellente qualité (par exemple les fameux « MOOC » tels que Coursera, Khan Academy, Kartable) ou d’autres applications spécialisées (les « jeux sérieux », Domingo, …).

A travers cette richesse, chaque membre découvrira certainement des centres d’intérêt.


DEMOCRATIE

A priori non, le plus courant dans les écoles démocratiques en France est qu’il n’y a pas obligation d’assister au Conseil d’École (CE) mais d’accepter les décisions qui y sont prises. Cependant, le CE est l’organe de gestion de l’école et il possède donc le pouvoir de modifier ses règles de fonctionnement.

Le CE pourra ainsi explorer les différentes questions que le « vivre-ensemble » soulèvent : comment s’organiser ? Quel modèle de gouvernance ? Quel mode de scrutin adopter ? Comment allouer le budget de l’école ? Faut-il obliger tous les membres à assister et/ou voter au CE ? Pensons-nous qu’il serait préférable de réserver certaines décisions à certaines personnes du groupe ?

Toutes ces questions sont au centre de la gestion des écoles démocratiques, plus largement de nos sociétés et organisations. C’est une opportunité de réflexion que les membres de l’Ecole Agile pourront saisir.

Le Conseil d’École gère les questions les plus diverses de la vie de l’école. De son budget, ses locaux, l’agencement du local, les sorties, le règlement intérieur…Comment déterminer quelles personnes sont légitimes pour comprendre, discuter et décider de ces questions concernant l’école et plus globalement la société ?

Au sein de notre école, nous souhaitons accorder ce droit à tous les membres, de 3 à 99 ans. Lorsque les sujets abordés seront hors de son champ de compréhension, un enfant de 3 ans préférera sans doute vivre sa vie dans une autre pièce. Si on lui demande de s’exprimer sur un sujet qu’il ne comprend pas, il dira certainement qu’il ne comprend pas et ne votera pas sur ce sujet. Cependant, il aura peut-être vu qu’il y a des décisions qui sont prises dans ce conseil, qu’il peut s’exprimer s’il veut et percevra peut-être quelques brides de réflexion par ci par là.

Par ailleurs, le Conseil d’École réfléchit également à d’autres questions : Doit-on changer de place la salle d’études ? Est-ce que le vélo est autorisé à l’intérieur ? A-t-on le droit de courir à l’intérieur ? Les ballons sont-ils rangés ici ou là ? Préférez-vous organiser une sortie au parc ou une sortie au musée ? Aimeriez-vous une salle pour pouvoir dormir ?

Ce genre de questions sont des questions plus abordables pour les enfants de 3 à 6 ans et ils auront la possibilité de donner leur avis lors du Conseil d’École s’ils le souhaitent.

« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres« 

Nous comprenons que des inquiétudes peuvent naître du fait de donner un pouvoir égal aux enfants qu’aux adultes, car la conception du danger, de l’ordre, du rangement et la vision sur le long terme est sans doute différente pour un enfant de 3 ans et pour un adulte de 40 ans.

Cependant, pourquoi proposons-nous ce modèle ?

Pour nous, la meilleure des preuves de l’efficacité et de la crédibilité de ce modèle est l’expérience d’écoles démocratiques vieilles de 60 ans qui sont autogérées par les adultes et les enfants composant l’école.

Cette expérience montre bien que l’école fonctionne ainsi avec des enfants libres de proposer et de voter ce qu’ils veulent et que l’on ne vire pas vers le chaos. Les situations agitées et désordonnées ne durent qu’un temps. Nous croyons que c’est dans la nature humaine d’avoir besoin d’un juste milieu entre les règles et la liberté, entre le calme et l’agitation.

Si toutefois, à une occasion, nous estimons qu’une décision met en danger physiquement ou psychologiquement un membre de l’Ecole Agile, nous n’aurons aucune hésitation à nous y opposer, nous restons garants de la sécurité de chaque membre de l’Ecole Agile, mais ce type de situation reste souvent à l’état de peur et ne se produit pas.

Par ailleurs, pour appréhender les concepts de loi, de règlement, de vivre-ensemble et d’autorité, il nous semble passionnant et justifié de donner la possibilité aux enfants d’explorer cela à travers une participation au Conseil d’École de l’Ecole Agile. C’est une opportunité que nous sommes très heureux d’offrir.

Il existe plusieurs étapes dans l’appropriation de règles et dans l’évolution du sens attribué par l’élève aux règles de l’école :

1.   L’anomie(la méconnaissance ou le rejet des règles)

2. L’hétéronomie (obéissance à la règle)

3.   L’auto-régulation (l’intégration de la règle)

4.   L’autonomie (la capacité à négocier ou à inventer des règles)

Nous souhaitons que les élèves de l’Ecole Agile deviennent autonomes vis-à-vis du règlement intérieur de l’école et nous pensons que le recours de manière systématique à la punition ralentit leur autonomisation.

Quand un enfant craint d’être puni, il focalise son attention sur les conséquences qu’aura son acte au lieu de se centrer sur ce qui le motive à agir ainsi et sur les besoins des personnes qui l’entourent. De plus, nous croyons que la punition entretient un climat répressif qui ne favorise pas l’enthousiasme et la coopération des enfants vis-à-vis du règlement intérieur de l’école.

Marshall Rosenberg, initiateur de la Communication Non Violente,propose de comprendre l’inefficacité des punitions systématiques en nous posant deux questions :

  • En quoi voudrais-je que cette personne change de comportement ?
  • Quelle motivation voudrais-je que cette personne ait pour faire ce que je lui demande?

En ultime recours et si la demande se présente, le Conseil de résolution des tensions, de médiation ou autre organe peut décider d’une restriction temporaire de libertés (ex. l’interdiction d’utiliser une pièce de l’école pendant une durée de 3 jours). Pour plus de détails sur le fonctionnement des différents conseils, voir les articles correspondants).


CURSUS SCOLAIRE

Si un élève souhaite rejoindre un collège ou lycée de l’enseignement public, il pourra le faire en passant un examen d’entrée.

Selon le Bulletin Officiel, l’examen d’admission porte sur les principales disciplines communes à la classe dans laquelle l’élève souhaite poursuivre ses études. Le contenu est arrêté par l’inspecteur d’Académie, directeur des services départementaux de l’Education.

Les membres de notre équipe sont formés et disponibles pour préparer les enfants à la réussite de cet examen si les élèves le désirent.

Plus d’infos sur les examens d’entrée

Oui, plusieurs possibilités s’offrent aux élèves de l’École Agile.

Un élève de l’Ecole Agile peut décider d’entrer dans un lycée de l’enseignement public afin de préparer le bac et d’obtenir des bulletins de notes pour le moment encore demandés pour certains cursus (classes préparatoires, universités spécifiques.) ou bien s’il le souhaite avoir un dossier scolaire et des bulletins avec une inscription au CNED.

Par ailleurs, tout élève d’une école privée hors contrat peut passer le baccalauréat en candidat libre. S’il le décide, il obtiendra un numéro qui lui permettra d’avoir accès à la plateforme d’admission Parcoursup  en vue d’intégrer une formation supérieure.

Enfin, de plus en plus d’écoles de l’enseignement supérieur souhaitent intégrer des élèves au parcours scolaire différent et favorisent les apprentissages libres et coopératifs. C’est le cas par exemple de l’école 42, établissement d’autoformation en informatique, mais également de certains BTS, des écoles d’art…


Sécurité

Notre établissement souhaite garantir le climat de paix, de respect et de sécurité nécessaire à l’épanouissement individuel et collectif des élèves. Les violences physiques, verbales et psychologiques et les mises en danger personnelle ou d’autrui, ainsi que tout ce qui est illégal est interdit.

Ainsi, nous accordons une importance particulière à la notion de justice, condition sine qua non de la préservation du cadre bienveillant construit par notre école.

Nous mettons l’accent sur la résolution des tensions et conflits et autres transgressions de nos règles de vivre ensemble par le dialogue pacifique et constructif. C’est dans cette logique que le CRT s’inscrit.

Ce dernier est un organe mandaté par le Conseil d’École. Il se compose de cinq responsables élus pour 6 semaines (un pour chaque jour de la semaine), qui peuvent être des membres de l’équipe pédagogique ou des élèves, ainsi que de trois membres additionnels constituant un jury. L’ensemble des tranches d’âge de l’école sont représentées au sein du jury.

Le CRT est un espace de parole qui a pour objectifs de clarifier des faits, de déterminer les règles non respectées, de permettre à chacun d’exprimer ses ressentis et d’y apporter le cas échéant une sanction mesurée en lien avec les faits.

La sanction a pour objectif premier de rappeler à chacun le nécessaire équilibre entre liberté et responsabilité et son rôle de garant du climat de l’école.

Les décisions prises sont spécifiques à chaque situation. Elles sont débattues par le jury puis validées par celui-ci et les personnes concernées.

Un membre n’étant pas satisfait des décisions prises peut demander au CRT de réétudier la situation.

Le CRT se réunit en fonction des demandes et des besoins. Un créneau quotidien lui est réservé. Cette espace permet aux élèves de s’approprier la loi, les droits de l’homme et du citoyen, les règles et les valeurs universelles ainsi que celles de la République. Ils apprennent à mesurer les conséquences de chaque acte et à intégrer le sens de la responsabilité.